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Repenser la relation au végétal PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 25 Février 2009 15:30

Pour une commune, l’achat de matériel de désherbage alternatif ne doit se faire qu’en dernier recours. En premier lieu, il est important d’effectuer un travail de sensibilisation auprès des particuliers. En effet, l’acceptation de la végétation spontanée est la solution la plus simple pour limiter le désherbage sur la commune.

Les techniques alternatives sont consommatrices d’énergie : gaz, carburant, eau… Elles ont donc un impact non négligeable sur l’environnement. Avant de prendre la décision d’acheter du matériel de désherbage alternatif, il est donc important d’engager une réflexion globale au niveau communal :

  • Sur les zones où le désherbage est vraiment nécessaire. Certaines zones situées loin des bourgs sont-elles vraiment à désherber ?
  • Sur les zones qui peuvent êtres entretenues par des techniques mécaniques conventionnelles. Ainsi certaines zones peuvent être aménagées pour être entretenues par des tondeuses, par girobroyage pour les surfaces hors bourgs et par débroussaillage à lame ou à file pour les zones plus urbaines. La technique d’entretien à privilégier pour les centres bourgs est le balayage, qu’il soit manuel ou mécanique.
Sur la réalisation de nouveaux aménagements :
  • Limiter la mise en place des surfaces qui nécessitent des entretiens réguliers (trottoirs sablés, stabilisés…)

  • Utiliser les techniques de paillage pour les massifs, plantes couvre-sol…
  • L’engazonnement des surfaces est l’une des techniques d’aménagement la plus intéressante. Il permet de supprimer l’utilisation de produits phytosanitaires, demande un entretien limité (choisir des espèces rustiques à croissance lente), permet une infiltration des eaux de pluie. L’aspect esthétique est également à prendre en compte.
  • Privilégier également un entretien manuel régulier : balayage, arrachage, binage.
  • Réfection de la voirie. Une voirie en bon état limite l’implantation des adventices et permet de faciliter l’entretien mécanique. Préférer les aménagements qui facilitent les entretiens (ex : voirie sans trottoirs avec caniveau central, aménagements pavés avec des joints en ciment et non en sable…). Pour limiter l’entretien, penser à limiter au maximum les bordures, les différences de niveaux…
  • Mettre en place des gazons fleuris, qui permettent d’aménager esthétiquement les bords de route tout en limitant les interventions à réaliser.
  • Pour limiter l’entretien des  massifs et les parterres, utiliser les paillages et les plantes couvre-sol afin d’éviter le désherbage chimique. Ex : les écorces, la pouzzolane, les cosses de sarazin, la tonte séchée, les cailloux, les feuilles, la paille, les cosses de fèves de cacao,….

Une fois cette réflexion menée, il conviendra de choisir le matériel adapté aux contraintes de la commune. Nous vous proposons ici un tour d'horizon des matériels et des techniques existantes.

1- Le désherbage manuel

Il s’agit de la technique de désherbage la plus simple à mettre en place sur une commune : binage, balayage, arrachage… malgré une bonne efficacité, ces techniques restent pénibles.

 

 

 

2- Le désherbage mécanique

Certaines techniques de désherbage mécanique sont déjà utilisées par les communes : Rotofil pour le désherbage des trottoirs, balayage… Il s’agit de la technique de désherbage à privilégier sur les communes car elles offrent le meilleur rapport coût / efficacité / rapidité, surtout pour le balayage.

La balayeuse de voirie, Modèle autoporté

Il s’agit de la technique alternative la plus efficace pour le désherbage de la voirie : en passage régulier, l’élimination du substrat permet de garantir un caniveau sans herbe. Entre 6 et 8 passages par an pour un objectif de propreté, et de 10 à 12 passages pour un objectif zéro herbe.

L’inconvénient est le prix d’achat élevé (de 40 à plus de 100 000 € TTC selon les modèles). Contrats de location possibles. Le budget d’entretien de ces machines est également important : carburant, changement des balais, usure des pièces…La voirie doit être en bon état pour permettre le passage de ces balayeuses. Existe en modèles non autoportés.

Les brosses rotatives

Même principe de fonctionnement que les balayeuses de voirie. Système toujours efficace, mais qui ne ramasse pas le substrat enlevé. Il faut donc passer ensuite pour ramasser les éléments arrachés. Peut être utilisé pour préparer le passage des grosses balayeuses de voirie.

 

 

 

Les systèmes de désherbage mécanique

Ce type de matériel est à adapter sur de petits tracteurs. Des lames horizontales viennent couper la végétation au ras du sol. Système intéressant pour les grandes allées sablées, les terrains de sports stabilisés…
L’efficacité est moyenne (dégradation du substrat). La vitesse d’avancement est cependant rapide.

 

 

3- Le désherbage thermique

Le désherbage à flamme directe

Principe : la flamme issue de la combustion du gaz provoque l’éclatement des cellules de la plante. Il existe différents modèles qui fonctionnent au propane gazeux ou au propane liquide. Les gros modèles sont équipés de rampes de brûleurs (photos du haut).
Il existe des modèles plus petits, avec une simple lance montée sur un chariot.
Prix : petit modèle à chariot : de 200 à 400 € TTC
Modèles équipés d’une rampe avec 4 brûleurs : de 2 000 à 4 000 € TTC
Certains modèles sont équipés de moteurs.
Vitesse d’avancement : de 2 à 4 km/h selon le stade de la végétation.
Autonomie en gaz : varie selon les modèles : de 1 à 6 heures (varie selon la température extérieure : quand il fait froid, l’autonomie est réduite.)
Avantage : système simple d’utilisation. Coût d’investissement limité. Efficacité immédiate (2-3 jours). Permet une intervention immédiate et régulière dans la commune.
Inconvénient : le nombre de passages nécessaires est important : toutes les 3-4 semaines par exemple sur un stabilisé. 8-10 passages par an sur les surfaces perméables et 6 8 passages sur les surfaces imperméables. Risque d’incendie. Consommation de gaz importante.

Le désherbage thermique à infrarouge

Les plantes sont détruites par rayonnement infrarouge. Les infrarouges sont envoyés par un carter. Fonctionnent au GPL.
Avantages : la consommation en gaz est moins importante : 3-5 heures avec une bouteille de gaz. Le risque d’incendie est également moins important.
Inconvénients : moins bonne efficacité que le système à flamme directe, donc nécessite un nombre de passages plus important. Le prix de ce type de modèles est plus important : de 4 000 à 8 000 € TTC

 

Le désherbage à eau chaude

Même principe de destruction des plantes que le désherbage à flamme. L’eau est chauffée grâce à une chaudière qui fonctionne au fuel. L’eau est pulvérisée à une faible pression (3-4 bars) et à une forte température (90-95°C).
Ce système offre une très bonne efficacité et peut également être utilisé pour le nettoyage. Résultats de désherbage visibles en 2 ou 3 jours (voir photos ci-dessous après 3 jours). Nécessite de 2 à 3 passages par an sur les surfaces imperméables et de 4 à 5 passages sur les surfaces perméables. L’investissement est important (entre 20 000 et 30 000 € selon les options). Possibilité de location. La consommation de fuel est d’environ 6 litres à l’heure et la consommation d’eau est de l’ordre de 500 litres/heure. La vitesse d’avancement est assez lente (entre 0,7 et 1 km/h).
Système particulièrement adapté pour les zones de voirie (caniveaux, pieds de murs…). Ci-dessus le résultat d’un désherbage de banquette après 3 jours.

Le désherbage à vapeur

Même principe que le désherbage à eau chaude. Il transforme l’eau en vapeur jusqu’à 160°C et sous haute pression (jusqu’à 50 bars). La pression permet de travailler sur une profondeur de sol plus importante que le désherbage à eau chaude conventionnel.
La consommation en eau est moins importante que pour un système à eau chaude : environ 200 litres par heure.

 

 

Le désherbage à eau chaude et à mousse

Même principe de fonctionnement que le désherbage à eau chaude. On ajoute ici un additif à base d’amidon de maïs et de noix de coco. La mousse ainsi créée a pour objectif d’isoler la chaleur sur le sol le plus longtemps possible. La mousse disparaît au bout de 15-20 minutes.
L’efficacité est très bonne, sur surfaces perméables comme sur surfaces imperméables. La consommation d’eau est d’environ 500 litres/heure. Moins de passages qu’un système de désherbage à eau chaude classique (2 passages/an pour les surfaces imperméables et 3-4 passages sur les surfaces perméables).

 

Il existe aujourd’hui un panel important de techniques alternatives au désherbage chimique. Certaines sont rapides et simples d’utilisation comme le désherbage thermique à flamme, et d’autres demandent des moyens plus importants (désherbage à eau chaude, à mousse…).

Même si ces techniques sont efficaces, la végétation repoussera de manière inéluctable, et de manière plus ou moins rapide selon les conditions climatiques. Il est important de ne pas perdre cela de vue lors du choix du matériel.

Il est également important de prendre en compte les coûts de fonctionnement et d’entretien de ces matériels (gaz, carburant, eau…) qui peuvent rapidement devenir très importants avec certains matériels (pour les systèmes à eau chaude par exemple).

Le système à privilégier est le balayage régulier des trottoirs, car il permet d’empêcher la végétation spontanée de s’installer.

C’est pour cela qu’en matière d’entretien des espaces publics, l’élément à mettre en place et à privilégier est la communication et la sensibilisation des particuliers.

Des aides existent pour les communes qui s'équipent de matériel alternatif et qui se sont engégées dans une charte communale de désherbage. Ces aides viennent de l'Agence de l'Eau Loire Bretagne et du Conseil Régional de Bretagne.

 

 


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